24 heures pour leurs droits, l’histoire de leur voix

« Il était une fois la Journée de la femme ». Personne ne connaît cette histoire, pourtant à la seconde où l’on commence cette phrase, la date du 8 mars s’impose. La raison pour laquelle le conte est erroné réside dans l’appellation de cette journée. La plupart des gens la connaissent mais semblent oublier sa signi­fi­ca­tion et son histoire, en com­men­çant par son nom complet.

Le huitième jour du troisième mois de l’année, on célèbre la Journée inter­na­tio­nale des droits de la femme, 24 heures au milieu des 365 jours que compte l’année. 24 heures où les femmes, mais surtout leurs luttes et leurs reven­di­ca­tions sont mises à l’honneur. Une journée dédiée à la mémoire passée de la lutte pour la parité, une journée tendue vers l’avenir. 

Les premières minutes de cette journée

Le premier clic de l’horloge remonte à 1908. Dans la ville de New York aux Etats-​Unis, 15 000 femmes ont défilé dans les rues pour réclamer une réduction du temps de travail, un meilleur salaire ainsi que le droit de vote dans tout le pays. La pendule s’est mise à l’heure au cœur de ce mouvement syndical.

Un an s’est écoulé, 8 760 heures plus tard, le Parti socia­liste américain a proclamé la première Journée nationale de la femme. L’idée d’en faire une célé­bra­tion inter­na­tio­nale revient à Clara Zetkin (1857−1933), com­mu­niste allemande et défen­seuse des droits féminins et de la parité homme-femme.

57 ans d’attente pour 24 heures de lumière

Lors d’une confé­rence inter­na­tio­nale des femmes tra­vailleuses à Copenhague en 1910, Clara Zetkin a cherché à régler les aiguilles mondiales. Elle a suggéré cette journée mondiale pour la lutte féminine pour l’égalité et fut soutenue à l’u­na­ni­mité par les 100 femmes des 17 pays qui par­ti­ci­paient à l’évènement.

La pendule a ensuite été mise de côté jusqu’en 1977, lorsque les Nations unies ont offi­ciel­le­ment reconnu le 8 mars comme Journée inter­na­tio­nale des droits de la femme. Pourtant, encore aujourd’hui, quand on pense à cette date, on a tendance à rac­cour­cir le conte, on ne connaît pas les détails, on sait sim­ple­ment qu’on « fête les femmes ». Dans une année, une journée est dédiée aux avancées féminines. 

Une journée pour mieux écouter

24 heures pour parler de celles qui sont là sept jours sur sept. Un jour sur 365 pour recon­naître les progrès réalisés en matière d’égalité des sexes mais aussi pour rappeler qu’il s’agit d’un droit fon­da­men­tal et qu’il est néces­saire de continuer à lutter pour faire évoluer les men­ta­li­tés. Pour faire au mieux, il est toujours bon de s’assurer de la véracité de l’histoire. L’horloge retentit chaque année le 8 mars et nous rappelle à l’his­toire de la Journée inter­na­tio­nale des droits des femmes. Tendons l’oreille pour mieux écouter ce son et faisons entendre nos voix comme en 1908 cette année encore. 

Quelle est votre vision actuelle de la Journée inter­na­tio­nale des droits de la femme ?

© M. Suchaire

Roland, 69 ans, retraité, ancien ouvrier du bâtiment 

« Il n’y a pas d’âge pour en savoir plus »

C’est le jour de l’année où on devrait le plus parler de la lutte et de ce qui touche plus de 50% des humains sur la planète. De nos jours, tout est sur Internet, je n’y vais pas. Je suis de la vieille époque, je ne suis pas quelqu’un de « connecté », alors, le 8 mars aujourd’hui, c’est plutôt une cause de la nouvelle géné­ra­tion, « on hashtag » pour lutter.

© M.Suchaire

Marie-​Mona, 23 ans, étudiante en droit international

« C’est un droit et un devoir pour toutes »

Devoir encore crier au respect du sexe féminin en 2026, c’est ridicule mais indis­pen­sable. Si on était égales aux hommes, on aurait des congés mens­truels sans dis­cus­sion. Quand on voit que même la Première dame du pays manque de respect aux femmes, on ne peut pas dire que la vision est homogène et que les femmes sont unies.

© M.Suchaire

Jake, 24 ans, étudiant en commerce ferroviaire

« Il n’y a pas de date de péremption »

On ne fête pas justes les femmes le 8 mars, on célèbre leurs réa­li­sa­tions tout en sen­si­bi­li­sant à l’i­né­ga­lité et à la dis­cri­mi­na­tion entre les sexes. Tout le monde passe au-​dessus de ça, personne ne sait ce qu’on fait à cette date. Il faut sen­si­bi­li­ser les plus jeunes et rappeler aux plus vieux qu’il n’y a pas de date de péremp­tion pour l’égalité des sexes.

© M.Suchaire

Françoise, 75 ans, retraitée, ancienne fleuriste du centre-​ville lillois

« Violet et vert pour ce jour qui diffère »

Quand je tra­vaillais encore, c’était un jour où on vendait des com­po­si­tions aux couleurs de la journée. Le 8 mars, j’achète un bouquet violet et vert, pour montrer mon soutien. J’ai été élevée dans le respect de l’autre. La journée de la femme c’est aussi ça, montrer que l’on respecte la cause féminine, les avancées comme les luttes qui sont encore à mener.

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