Informer pour mieux sauver : le défi de septembre turquoise

Dans l’ombre d’Octobre Rose, une autre campagne tente d’émerger. Chaque mois de septembre, le turquoise met en lumière les cancers gyné­co­lo­giques, encore méconnus du grand public. Certains sont dif­fi­ciles à dépister et peuvent rester longtemps asymp­to­ma­tiques. Face à ces maladies, les pro­fes­sion­nels de santé insistent sur un même message : mieux informer les femmes peut permettre de recon­naître plus rapi­de­ment une anomalie et de consulter sans attendre.

« Les cancers silen­cieux font grand bruit dans le monde médical », souligne Hélène Vaillant-​Roussel, médecin géné­ra­liste et consul­tante en gyné­co­lo­gie. Une formule qui résume une dif­fi­culté majeure : les cancers gyné­co­lo­giques regroupent plusieurs maladies qui touchent des organes dif­fé­rents et dont les symptômes peuvent être très variables. Il n’existe donc pas de liste unique per­met­tant de les iden­ti­fier facilement.

Quand le turquoise reste dans l’ombre

L’histoire de Septembre turquoise commence aux États-​Unis. En 2016, Barack Obama proclame septembre comme mois de sen­si­bi­li­sa­tion au cancer de l’ovaire, une maladie dont sa mère est décédée. Cette ini­tia­tive vise alors à mieux faire connaître un cancer encore peu connu du grand public et à encou­ra­ger la sen­si­bi­li­sa­tion autour de cette maladie.

Lancée en France en 2017 par l’association IMAGYN, Septembre Turquoise cherche à donner davantage de visi­bi­lité aux cancers gyné­co­lo­giques. Mais la campagne reste moins connue que son équi­valent consacré au cancer du sein.

« Je ne me souviens pas avoir été informée de l’existence de ce mois de sen­si­bi­li­sa­tion durant mes études de médecine », raconte Hélène Vaillant-​Roussel. Pourtant, mieux connaître ces maladies peut permettre de recon­naître certains signes inha­bi­tuels et de consulter plus rapidement.

Prévenir quand c’est possible

Il n’existe pas de liste unique de symptômes : « On ne peut dresser une liste claire et exhaus­tive », explique la médecin. Le cancer de l’ovaire illustre cette dif­fi­culté. Douleurs abdo­mi­nales, bal­lon­ne­ments ou troubles digestifs peuvent avoir de nom­breuses causes et ne sont pas néces­sai­re­ment associés à un cancer.

Face à des symptômes inha­bi­tuels ou per­sis­tants, les pro­fes­sion­nels de santé recom­mandent de consulter. Mais la pré­ven­tion ne fonc­tionne pas de la même manière pour tous les cancers gynécologiques.

Le cancer du col de l’utérus constitue un cas par­ti­cu­lier. Celui-​ci est prin­ci­pa­le­ment lié à une infection per­sis­tante par certains papil­lo­ma­vi­rus humains, ou HPV. La vac­ci­na­tion et le dépistage per­mettent de réduire le risque et de détecter certaines anomalies avant qu’elles n’évoluent en cancer.

Pour les autres cancers gyné­co­lo­giques, il n’existe pas de dépistage organisé à l’échelle nationale. Le suivi médical et l’attention portée aux symptômes restent donc essen­tiels. L’objectif n’est pas de s’alarmer au moindre signe, mais de ne pas banaliser des chan­ge­ments inha­bi­tuels ou persistants.

Faire entendre le turquoise

Pour Margot, étudiante en cinquième année de médecine, informer est déjà une forme de pré­ven­tion. « Ça ne devrait pas être un sujet réservé aux consul­ta­tions. Informer sur les symptômes, c’est déjà donner aux femmes une pos­si­bi­lité d’agir », résume-t-elle.

Derrière une campagne encore trop discrète se cachent des cancers aux réalités multiples, parfois dif­fi­ciles à recon­naître. Mais mieux les connaître, c’est aussi savoir quand réagir, quand consulter et, lorsque c’est possible, comment prévenir.

En septembre, le turquoise cherche encore à se faire entendre. Dans l’ombre d’Octobre Rose, cette campagne rappelle que l’information peut elle aussi jouer un rôle essentiel dans la pré­ven­tion. La pré­ven­tion, elle, mérite de faire du bruit.

Lucie sen­si­bi­lise pour septembre turquoise sur ses réseaux sociaux © Maïa Suchaire

Lucie, 21 ans, sen­si­bi­lise sur septembre turquoise

Son cancer gyné­co­lo­gique s’est propagé jusqu’à ses intestins et avait notamment touché ses ovaires et son utérus. Ses premiers symptômes étaient pourtant peu spé­ci­fiques : douleurs abdo­mi­nales et bal­lon­ne­ments. « J’avais le ventre dou­lou­reux et les anti­dou­leurs ne faisaient rien », raconte-t-elle.

Aujourd’hui, elle souhaite sen­si­bi­li­ser à son tour. « Je n’avais pas l’impression que c’était grave avant qu’on ne m’assoie pour me dire que je ne passerai pas l’année 2026 sans chi­mio­thé­ra­pie », témoigne-​t-​elle. Son expé­rience rappelle qu’un symptôme qui semble banal peut parfois cacher une maladie plus sérieuse, d’où l’importance de consulter lorsqu’il persiste ou devient inhabituel.

Dix ans de festival : la New Romance retrouve Lille

Du 29 octobre au 1er novembre, le Lille Grand...

Soixante tonnes de potirons pour payer les factures : les coulisses du château de Grand-Bigard

À l’occasion de la troisième édition consécutive du festival...

Le repas à 1 € pour tous : une fausse bonne idée ?

Des files d’attente interminables, des étudiants qui ne peuvent...

Contrepoint n°48

Soixante tonnes de potirons pour payer les factures : les coulisses du château de Grand-Bigard

À l’occasion de la troisième édition consécutive du festival du potiron, le château de Grand-Bigard ouvre ses portes aux petits et grands sur le...

Le repas à 1 € pour tous : une fausse bonne idée ?

Des files d’attente interminables, des étudiants qui ne peuvent pas manger. Ces images sont le reflet du quotidien des étudiants de Lille depuis la...

Octobre Rose : que reste-​t-​il derrière le ruban ?

Chaque année, en octobre, le rose s’invite dans les vitrines et les événements solidaires. Courses, collectes de dons et campagnes de sensibilisation rappellent l’importance...