Au lendemain des dégradations survenues en marge de la mobilisation du 17 octobre, le centre de Lille porte les traces d’une journée mouvementée. Commerces touchés et premières suites de l’enquête : les conséquences restent à mesurer. Réactions à chaud des Lillois…
Un centre-ville marqué par les dégradations
Samedi, plusieurs commerces ont subi des dégradations ou des pillages, notamment l’Apple Store, la boutique du LOSC et la Fnac. Le feu a également touché le McDonald’s de la Grand-Place. Rue de Béthune, des dégradations ont aussi touché un local commercial près du cinéma Le Majestic.
Ce dimanche, les CRS restent présents dans le centre-ville et procèdent à des contrôles d’identité. Des passants s’arrêtent pour observer la situation et photographier les lieux.
Les Lillois face aux conséquences

Devant la boutique du LOSC, Claire juge ces violences « lamentables ». « Ça dessert complètement les causes pour lesquelles les gens manifestent et bougent dans la rue », estime-t-elle. Elle craint que ces actes ne renforcent les arguments du camp politique opposé aux revendications.
Près du McDonald’s, Adam distingue les revendications des méthodes employées : « Je comprends certaines revendications, mais ce n’est pas une raison pour faire des destructions dans un endroit public. » Selon lui, « l’idée derrière est bonne », mais la destruction ne permet pas de faire passer ses idées. Marcel, estime que ces actes sont gratuits et « ne font avancer aucune cause ».
Un commerçant du centre-ville, qui souhaite rester anonyme, raconte avoir passé une nuit d’inquiétude, même si son établissement n’a pas été dégradé. « Cette nuit, j’ai eu peur. Je n’ai pas dormi de la nuit », confie-t-il. Il décrit des commerçants « en colère » et « dévastés » face aux tags, aux vitres brisées et aux marchandises volées. Lui-même a participé au cortège et comprend les revendications. Mais il rappelle : « Nous, on n’est pas l’État. Nous, on n’est pas ceux qu’il faut viser. » Il conclut : « Ces violences-là ne sont pas possibles. Elles masquent toutes les revendications, qui sont pourtant réelles et légitimes. »
Des suites judiciaires attendues
Samedi, 56 personnes avaient été interpellées à Lille, principalement pour des pillages. Une quinzaine d’officiers de police judiciaire traitent actuellement les procédures. Le parquet cherche aussi à préserver les images de vidéosurveillance et à exploiter celles captées par des drones dans le cadre des enquêtes.
Les rues retrouvent peu à peu leur calme, tandis que Lille attend les suites politiques et judiciaires d’une journée qui aura marqué le quotidien de nombreux Lillois.