Octobre Rose : à Lille, le rose se porte en seconde main

Samedi 10 octobre, au Chaud Bouillon à Lille, le collectif Octobre Rose en Nord a tenu sa braderie solidaire : une quinzaine d’enseignes ont vendu leurs stocks dormants à prix cassés, au profit de Mon Bonnet Rose et d’ONCOLille, deux acteurs de la lutte contre le cancer du sein.

A la caisse de la braderie, les membres de Mon Bonnet Rose comptent ce qui deviendra soutien aux femmes touchées par le cancer du sein. Lille, 10 octobre. CR : Léonie EME, Iphone 15.
A la caisse de la braderie, les membres de Mon Bonnet Rose comptent ce qui deviendra soutien aux femmes touchées par le cancer du sein. Lille, 10 octobre. CR : Léonie EME, Iphone 15.

À deux pas de la ligne une du métro Marbrerie, le Chaud Bouillon a troqué son décor habituel contre des portants à perte de vue. Vêtements, acces­soires, déco : chaque pièce attend un second pro­prié­taire, et chaque étiquette raconte une remise.

Le mécanisme tient en trois temps. Des marques offrent leurs invendus et leurs pro­to­types, de La Redoute à Kiabi, en passant par Jules, Damart ou encore Tape à l’œil. Le public les achète pendant trois jours. Les profits, eux, repartent inté­gra­le­ment vers les deux asso­cia­tions, et le don ouvre aussi droit à une défis­ca­li­sa­tion pour les enseignes. À l’entrée, un bracelet ; à la sortie, la caisse, sans retour possible. Les étudiants ont leur créneau, réservé le samedi matin, aux mêmes prix que tout le monde. Chaque jour, de nouvelles pièces regar­nissent les rayons, on revient, on refouille.

Dans l’allée, Anaëlle, 21 ans, a déjà un ou deux articles sous le bras. Sa garde-​robe vient presque entiè­re­ment de la friperie, mais c’est un autre fil qu’elle tire aujourd’hui. « Je voulais savoir où va mon argent » confie-​t-​elle. Puis elle poursuit : « […] D’habitude, on paie sans jamais savoir qui en profite. Ici, chaque article finance quelque chose de précis. » Elle compare deux pulls, hésite, mais fini par garder les deux.

Ce « quelque chose » a un visage. En 2024, la braderie a rapporté plus de 110 000 € à Mon Bonnet Rose, après 68 000 € un an plus tôt. En 2025, la mobi­li­sa­tion a contribué à financer la future salle de sport de sa Maison, à Roncq, où l’association accom­pagne les femmes avant, pendant et après la maladie : yoga, soins esthé­tiques, séjours post-​cancer en marche ou en voile. Cette année, la recherche sur le cancer du sein triple négatif figure aussi parmi les projets soutenus.

Derrière ce rendez-​vous, un collectif d’entreprises né en 2022 et un constat qui pèse : les Hauts-​de-​France sont la région la plus touchée de France par le cancer, et le cancer du sein concerne une femme sur huit. Le même jour, les services de pré­ven­tion santé du dépar­te­ment du Nord tenaient un salon du bien-​être à Hallennes-​lez-​Haubourdin, avec leur Camion Nord Prévention, pour porter dépistage et infor­ma­tion au plus près des femmes éloignées des soins.

Anaëlle, elle, est repartie avec ses deux pulls et une certitude : « Acheter, ça peut aussi servir à quelque chose. »

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