La circulation d’une nouvelle drogue affole les associations : la NEP expose à de hauts risques de surdosage. Les structures tentent tant bien que mal de sensibiliser à son sujet, mais le peu d’informations disponibles actuellement rend la tâche difficile.
Depuis plusieurs mois, les associations de réduction des risques alertent sur la présence d’une nouvelle drogue de synthèse sur le marché : la N‑Ethylpentedrone (NEP). Vendue comme de la 3‑MMC, une drogue de la même famille circulant depuis 2010, elle est pourtant bien plus puissante qu’elle. Les consommateurs, pris de court, s’exposent alors à un risque réel de surdosage, pouvant entraîner la mort. D’après le dernier rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives : en 2023, 14,6 % des adultes auraient déjà expérimenté des drogues illicites en dehors du cannabis. Un chiffre colossal qui vient déconstruire le mythe du consommateur dit marginal, et qui fait de cette situation un véritable enjeu de santé publique.
« Une impression de mourir » partagée
Paranoïa, irritabilité, anxiété sociale, crise d’angoisse, tachycardie : les effets sont intenses, nombreux et durent longtemps. Les victimes décrivent unanimement « une impression de mourir ». Cette expérience traumatisante a même conduit Ethan*, un Parisien de 28 ans, à passer la nuit à l’hôpital. « La crise ne s’arrêtait pas, j’étais en boucle sur des pensées négatives. C’était atroce », témoigne l’animateur périscolaire, qui n’a pas pu se rendre au travail le lendemain. Maël*, un jeune Lillois de 24 ans, parle d’un sentiment de danger omniprésent : « La claque a été tellement forte que depuis je n’ai plus rien consommé ». De son côté, Alice*, étudiante en journalisme à Bruxelles, n’a pu dormir ni manger pendant deux jours après la prise. Tous les trois ont mis une semaine avant de retrouver leur état normal.
Un phénomène nouveau
Cindy Naudin, psychiatre en addictologie à la Clinique de la Mitterie à Lille, parle d’un phénomène totalement nouveau. « Il n’y a quasiment plus de 3‑MMC sur le marché », observe la médecin, une pénurie qui pousse les vendeurs à proposer de nouvelles molécules s’y apparentant en changeant légèrement la formule d’origine. L’addictologue préconise ainsi de toujours faire analyser ses produits, comme par exemple dans le local de Spiritek, une association située à Lille Flandres. « Plus il y aura d’accidents, plus il y aura d’analyses de la molécule », explique-t-elle. En effet, il existe actuellement très peu d’informations sur le sujet, ce qui rend la tâche de sensibilisation difficile pour les associations de réduction des risques.
*NDLR : les prénoms ont été modifiés.