Grand retour du marathon de Lille après 31 ans d’absence

Dimanche 25 octobre, Lille a renoué avec son marathon après 31 ans d’absence. Dans une ambiance de grande fête, près de 35 000 coureurs ont investi les rues de la métropole pour par­ti­ci­per au marathon ou au semi-​marathon avec amis, familles et bénévoles venus les supporter dans la bonne humeur.

Les coureurs s’é­lancent du 215 boulevard de la Liberté. Crédits : Garance Lecat – Mathieu de Boissac, Iphone 13

Il fallait remonter à 1995 pour retrouver le marathon dans les rues de Lille. L’histoire avait pourtant commencé en 1986, avec la première édition de l’épreuve. Quarante ans plus tard, la course a fait son grand retour, avec une ampleur sans commune mesure avec celle de ses débuts.

« En 1986, ils étaient 500. En 2026, 40 ans plus tard, on fait 40 fois le nombre », souligne Philippe Lamblin, président de la Ligue des Hauts-de-France.

Au total, 35 500 personnes étaient attendues sur les deux épreuves : environ 20 000 pour le marathon et 15 000 pour le semi-​marathon. Le départ du semi-​marathon a été donné à 8 h 30, celui du marathon à 11 h 15, depuis le 215 boulevard de la Liberté. Les arrivées étaient ins­tal­lées du côté de l’esplanade du Champ de Mars.

Capture d’écran de lille_​France sur Instagram

Un retour qui a failli ne pas avoir lieu

Ce retour his­to­rique était pourtant loin d’être acquis jusqu’au dernier moment. Après les intem­pé­ries qui avaient touché la région et le mouvement social de la veille, samedi 24 octobre, les orga­ni­sa­teurs ont dû s’interroger sur la pos­si­bi­lité de maintenir l’épreuve dans des condi­tions de sécurité suf­fi­santes. La décision défi­ni­tive n’a été prise que dans la nuit. Le préfet a fina­le­ment donné son feu vert, per­met­tant aux milliers de coureurs de prendre le départ dimanche matin.

Philippe Lamblin résume cette édition par­ti­cu­lière : « On a tout eu mais on a tenu ! »

Lille trans­for­mée en terrain de course

Le semi-​marathon s’est élancé à 8 h 30, suivi du marathon à 11 h 15 depuis le 215 boulevard de la Liberté. Les coureurs, de 77 natio­na­li­tés dif­fé­rentes, ont ensuite traversé plusieurs communes de la métropole avant de rejoindre l’esplanade du Champ de Mars pour l’arrivée. Le parcours passait notamment par plusieurs lieux emblé­ma­tiques de Lille, comme la Grand-​Place, la Vieille Bourse et la Citadelle.

Dès le samedi, la ville avait commencé à se trans­for­mer. De nom­breuses rues habi­tuel­le­ment très fré­quen­tées ont été fermées à la cir­cu­la­tion. Le boulevard de la Liberté était notamment interdit aux véhicules, tandis que plusieurs bretelles d’accès au péri­phé­rique ont été fermées dès les premières heures du dimanche. Mais les res­tric­tions de cir­cu­la­tion ont rapi­de­ment laissé place à une véritable fête populaire. Place du Théâtre, place Sébastopol et tout au long du parcours, les ani­ma­tions et la musique accom­pa­gnaient les coureurs. DJ, bénévoles et sup­por­ters se sont relayés pour encou­ra­ger le peloton.

Les pancartes humo­ris­tiques ont également fait partie du spectacle. « Rapide, tu es rapide », « Le dernier arrivé paie sa tournée » ou encore « Valou, dépêche-​toi, on a déjà bu ta bière ! » : autant de messages qui ont fait sourire les coureurs, parfois dans les moments les plus dif­fi­ciles. Pour certains coureurs, ces encou­ra­ge­ments étaient loin d’être anec­do­tiques. Après plusieurs heures d’effort, chaque encou­ra­ge­ment pouvait aider à pour­suivre jusqu’à la ligne d’arrivée.

Des meneurs d’allure étaient également présents pour aider les par­ti­ci­pants à atteindre leur objectif. Quarante-​huit meneurs étaient répartis sur douze allures, de 2 h 45 à 5 h 30.

Tout au long du parcours, des ravi­taille­ments per­met­taient également aux coureurs de se réhy­dra­ter, avec notamment de l’eau dis­tri­buée en bouteille.

Les sup­por­ters savant comment motiver leurs proches. Crédits : Lille Actu

Pendant quelques heures, les grandes artères de Lille ont ainsi appartenu aux coureurs. Un spectacle inha­bi­tuel pour les habitants, venus en nombre profiter de l’ambiance.

Une météo presque mira­cu­leuse… puis le vent

Après les intem­pé­ries des jours pré­cé­dents, le beau temps du dimanche res­sem­blait presque à un miracle. Le ciel était dégagé et la lumière par­ti­cu­liè­re­ment belle sur les grands axes lillois.

Mais les condi­tions se sont pro­gres­si­ve­ment dégradées pour les mara­tho­niens. Alors que le semi-​marathon avait bénéficié d’un temps plus favorable, le vent s’est levé pour la deuxième partie du marathon. De face par moments, il a ralenti les pelotons et rendu les derniers kilo­mètres par­ti­cu­liè­re­ment difficiles.

Une mara­tho­nienne inter­ro­gée par France 3 résumait son expé­rience avec humour : « C’est horrible ! Y’avait du vent, et c’était pas plat, on nous a menti sur la mar­chan­dise. Plus jamais. »

Des champions et des records battus !

Le marathon réunis­sait également plusieurs athlètes d’élite venus chercher la victoire et les records.

Chez les hommes, le Burundais Célestin Ndikumana a remporté le marathon en 2 h 07 min 52 s, pul­vé­ri­sant l’ancien record de l’épreuve. Le premier Français, Hugo Macquet, a terminé treizième en 2 h 19 min 17 s.

Chez les femmes, la victoire est revenue à l’Éthiopienne Afera Berha, en 2 h 22 min 30 s. Elle efface ainsi le record féminin détenu depuis 1986 par Chantal Langlacé.

Le semi-​marathon comptait également plusieurs athlètes de haut niveau, avec notamment trois athlètes féminines d’élite au départ et un plateau masculin encore plus fourni. Chez les hommes, Mezgebu Sime s’est imposé en 1 h 00 min 23 s. Chez les femmes, Mathilde Sénéchal a remporté la course en 1 h 10 min 13 s.

Au-​delà des per­for­mances des athlètes de haut niveau, le marathon était avant tout une aventure indi­vi­duelle. Parmi les par­ti­ci­pants, on trouvait des habitués des grandes courses comme des coureurs qui se lançaient pour la première fois sur la distance. Jeunes et moins jeunes, coureurs expé­ri­men­tés, débutants, personnes en fauteuil ou encore membres de clubs d’athlétisme : tous se sont retrouvés sur le même parcours, avec un objectif commun, celui de franchir la ligne d’arrivée.

Sur les 19 723 coureurs inscrits au marathon, 16 559 ont fina­le­ment pris le départ. 15 683 ont terminé les 42,195 kilo­mètres, tandis que 865 ont abandonné et 11 ont été dis­qua­li­fiés. Le temps moyen d’arrivée était d’environ 4 h 02. Et enfin un chiffre qui fait plaisir, parmi les coureurs, ce sont les femmes âgées de 60 à 64 ans qui sont les plus résis­tantes, elles affi­chaient le taux de finishers le plus élevé, avec 86 %.

Le dernier concur­rent à franchir la ligne, Claude Vaillant, sexa­gé­naire, l’a fait après 6 h 20 min 52 s de course. Un temps qui rappelle que, pour beaucoup de par­ti­ci­pants, l’objectif n’était pas de battre un record, mais sim­ple­ment d’aller jusqu’au bout.

Une journée sous haute surveillance

Un événement de cette ampleur néces­si­tait également un important dis­po­si­tif de sécurité. Environ 2 000 bénévoles ont été mobilisés pour assurer notamment les ravi­taille­ments et l’encadrement du parcours.

Les secours ont pris en charge plusieurs centaines de personnes pour des blessures légères, des malaises ou des chutes. Plusieurs par­ti­ci­pants ont également dû être trans­por­tés à l’hôpital.

Trois inter­pel­la­tions pour outrage ont également eu lieu dans le cadre du dis­po­si­tif de sécurité.

La journée a cependant été marquée par deux évé­ne­ments par­ti­cu­liè­re­ment graves.

Au niveau du cinquième kilomètre, avenue Léon-​Jouhaux, un arbre s’est sou­dai­ne­ment effondré sur le parcours, dans un contexte de vents impor­tants après la tempête qui avait touché la région la veille. Un coureur a été griè­ve­ment blessé et trans­porté à l’hôpital.

Plus tard dans la journée, un par­ti­ci­pant de 35 ans au semi-​marathon a été victime d’un malaise cardiaque à proximité de la ligne d’arrivée. Malgré l’in­ter­ven­tion des secours, il est décédé. Père de famille, il ne pré­sen­tait, selon les infor­ma­tions com­mu­ni­quées après le drame, aucun anté­cé­dent médical connu.

Le retour d’une tradition pour de bon ?

C’est indé­niable, cette nouvelle édition du marathon est dans l’en­semble une grosse réussite.

Le marathon et le semi-​marathon devraient d’ailleurs être de retour à Lille en octobre 2027. La date précise et les modalités d’ins­crip­tion doivent encore être annoncées. Une course de 10 kilo­mètres et un 5 kilo­mètres devraient également compléter la programmation.

Après avoir rassemblé des dizaines de milliers de personnes pour son retour, le marathon de Lille semble désormais avoir retrouvé sa place dans le paysage sportif de la métropole.

Une chose est certaine : après 31 ans d’absence, les Lillois ont retrouvé leur marathon.

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