Avec les Corsaires comme équipe fanion, Dunkerque se découvre une nouvelle passion : le hockey sur glace. Actuellement en deuxième division, le club est le seul à pouvoir présenter un dossier solide pour rejoindre l’élite du sport en France et il avance, pas à pas, vers cet objectif.
Pour le match 3 des tours d’élimination opposant Dunkerque à Neuilly-sur-Marne, à la très moderne patinoire Michel-Raffoux, les habitants ont répondu présent. Salle comble, billets partis en quelques minutes et une ambiance de grands soirs. On y apprécie le rythme de jeu, les contacts physiques et le côté artistique d’un sport qui se développe à vitesse grand V dans l’Hexagone. Le hockey sur glace a en effet pris un nouvel élan depuis les Jeux olympiques, s’imposant depuis peu comme le deuxième sport en salle le plus suivi en France, derrière le basket-ball.
Un sport qui part de loin
La France compte 142 patinoires permanentes, dont seulement 98 sont homologuées pour accueillir des compétitions, un chiffre bien maigre comparé aux 4 135 piscines que recense le pays. À titre de comparaison, la seule province de Québec, au Canada, en propose pas moins de 450. Les coûts d’entretien d’une patinoire constituent également un frein considérable pour un sport qui génère encore peu de revenus. Pour une journée de Ligue Magnus, l’élite du hockey en France, la consommation moyenne pour maintenir la glace en bon état atteint 1 640 kWh, soit 328 euros par rencontre. Mais à Dunkerque, on ne craint pas les chiffres et l’ambition demeure intacte.
Dunkerque, futur grand ?
Vingt et un ans après avoir quitté la Ligue Magnus pour des raisons financières, les Corsaires de Dunkerque reprennent goût aux victoires. Malgré une saison régulière compliquée, le budget du club étant nettement inférieur à celui de ses rivaux, Dunkerque a éliminé Lyon puis Neuilly le jeudi 26 mars, se qualifiant ainsi pour les demi-finales des play-offs de deuxième division. Après la finale de Coupe de France en 2024, perdue face à Grenoble (7−4), l’ambition de la municipalité a décuplé, consciente que Dunkerque se transformait en une véritable « ville de hockey » .
Rapporté par HockeyHebdo, le président du club, Franck Vanwormhoudt, à la tête des Corsaires depuis dix-huit ans, entend saisir l’opportunité de surfer sur cette vague populaire et, enfin, valider la montée en Magnus : « Notre dossier est solide : c’est un projet planifié sur une période initiale de trois ans » , explique-t-il. « Nous travaillons en étroite collaboration avec la communauté urbaine de Dunkerque, qui appuie notre ambition de retrouver la Ligue Magnus. Ce retour est donc une aspiration collective, portée à la fois par le club et par l’ensemble de nos élus locaux. »
Selon le président, l’enveloppe dédiée au club aurait quintuplé sous le mandat du maire Patrick Vergriete, réélu aux dernières élections municipales. Franck Vanwormhoudt rapporte que le maire avait « été très impressionné par l’ambiance extraordinaire qui régnait dans la pyramide de Bercy chauffée à blanc avec plus de 13 800 spectateurs » et qu’il ne « s’attendait pas à assister à un tel spectacle populaire », frappé par « l’enthousiasme incroyable » des supporters dunkerquois venus en masse à Paris.
Maintenant, le plus dur reste à faire et ça se passe sur la glace. Monter en élite implique aussi de franchir un cap infrastructurel. Une nouvelle patinoire est ainsi évoquée dans les rangs des Corsaires, condition nécessaire à une viabilité économique en Magnus. Ce serait « Le Boréal », une nouvelle salle portant la capacité à 3 500 places, contre 1 500 actuellement à Michel-Raffoux. Tout semble aller dans la bonne direction…