Les Repair-​cafés, ces ateliers qui réparent bien plus que des objets

À La Madeleine, les bénévoles de l’association de LA petite MADELEINE espèrent montrer au plus grand nombre qu’il est possible de lutter contre l’obsolescence des objets tout en par­ta­geant savoir-​faire et bonne humeur. Autour d’un café, ils proposent leur aide et leur matériel pour redonner un seconde chance à nos objets du quotidien.

Faire mieux avec moins. C’est le crédo de l’association LA petite MADELEINE qui mise sur des moments convi­viaux pour ras­sem­bler autour d’une boisson chaude et d’objets cassés, et ainsi réparer le lien entre les habitants.

« On vient apporter nos com­pé­tences quand les gens sont au bout de qu’ils savent faire, pour les guider et pour leur mettre à dis­po­si­tion tout le matériel. Mais on ne répare pas pour eux, on essaie de leur faire faire le plus possible » explique Luc, président de l’association. Professeur de physique-​chimie, Luc compte allier écologie et économie en montrant que « ça peut coûter très peu cher de réparer un objet comparé au prix de rem­pla­ce­ment ».

À l’époque initiée par l’ancien adjoint à la mairie Justin Longuenesse, cela fait main­te­nant six ans que l’association LA petite MADELEINE organise des Repair-​cafés pour « préserver les res­sources et faire de la seconde-​main ». Sous forme de créneaux horaires, les habitants peuvent venir avec leur objet cassé ou en panne pour lui donner une dernière chance et tenter de le réparer avec l’aide et l’accompagnement des bénévoles.

« On a tous l’impression qu’on a rien de cassé à la maison, mais lorsqu’on commence à creuser on en trouve beaucoup » sourie Christopher, membre de LA petite MADELEINE. Membre du bureau s’occupant de la news­let­ter, Christopher précise que les bénévoles de l’association ont effectué entre 500 et 600 répa­ra­tions l’année dernière, avec en moyenne un taux de réussite de répa­ra­tion compris entre 50 et 60%.

Différents mais peut-​être pas tant

« Je suis venu la première fois pour réparer une lampe halogène qui ne marchait plus et j’ai bien accroché avec l’association et les bénévoles » raconte Christopher. « Petit à petit j’ai pris des res­pon­sa­bi­li­tés dans l’association » continue-​t-​il, ajoutant qu’il est animé par la volonté « d’aider son prochain, de lutter contre l’obsolescence et d’éviter de jeter ». Ingénieur sur logiciels dans la vie, Christopher aborde ces ateliers comme des puzzles et profite de l’occasion pour « faire des choses pratiques et satis­fai­santes ».

Une des mallettes à outils de l’as­so­cia­tion © A. Hugelé

Parmi les bénévoles, des retraités mais aussi beaucoup d’actifs. Tous ont des profils et des âges bien dif­fé­rents mais sont unis par les liens de l’entraide. Alors que certains n’ose pas tenter une répa­ra­tion ou ont sim­ple­ment besoin d’un deuxième regard, d’autres ont tout pour réparer leur objet mais par­ti­cipent aux Repair-​cafés sim­ple­ment pour vivre des moments convi­viaux et réparer ensemble.

Pour Christopher, « avoir des com­pé­tences tech­niques aide, mais ce n’est pas indis­pen­sable du tout. C’est surtout de l’expérience et de l’observation, parce que l’on répare souvent certains objets, on apprend, on découvre et on ose plus ». Les bénévoles aussi amé­liorent leur savoir-​faire au fur et à mesure des ateliers. Tous partagent cette envie « d’être ensemble et de faire ensemble » et sou­haitent mettre en valeur la trans­mis­sion et le travail d’équipe.

Christopher, bénévole, répare une pièce détachée d’un four hors d’usage © A. Hugelé

Multiplier les actions

L’association met en place d’autres ini­tia­tives en proposant d’autres activités. Les bénévoles donnent rendez-​vous pour un événement convivial pour sen­si­bi­li­ser aux enjeux sociaux et envi­ron­ne­men­taux, souvent organisé sous la forme d’un petit festival de 3 semaines au mois de juin. De nombreux ateliers autour du « faire-​ensemble et de la pré­ser­va­tion des res­sources » sont tenus et animés dans le but de « continuer à sen­si­bi­li­ser les gens qui sont loin du sujet ».

L’association organise également des ateliers éco-​créa textile afin de reva­lo­ri­ser et trans­for­mer des textiles usagés. L’objectif étant de « faire des projets indi­vi­duels et col­lec­tifs autour de la couture où chacun peut mettre la main à la pâte, » mais toujours ensemble et dans une ambiance conviviale.

Avant, les Repair-​cafés étaient tenus dans des vrais cafés, faute de locaux. Aujourd’hui, bénévoles et habitants se retrouvent pour ces Repair-​cafés dans une salle muni­ci­pale mise à dis­po­si­tion par la mairie, mais le président de l’association précise que ces ateliers et les malettes de matériel sont « capables d’être mobiles ».

Récemment, l’entreprise Capgemini a fait appel à LA petite MADELEINE pour animer un atelier porté sur l’écologie et l’économie. Comme l’indique Karine, bénévole à la retraite, l’association « peut aussi faire des pres­ta­tions pour des comités d’entreprises […] pour donner un peu plus de budget à l’association ». Elle ajoute que l’association a prévu de se rendre en avril dans une résidence senior, au café inter­gé­né­ra­tion­nel Chez Daddy, afin de partager des moments cha­leu­reux tout réparant des objets. En décembre prochain, LA petite MADELEINE prévoit également d’intervenir à la média­thèque pour cus­to­mi­ser des pulls moches de Noël.

Plus d’informations sur : www​.lape​ti​te​ma​de​leine​.org

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