À Lille, les clubs de running se féminisent

Des clubs de running 100 % féminins émergent dans la capitale des Flandres, per­met­tant de courir en toute sécurité. Nés parfois par hasard, ils offrent moti­va­tion et convi­via­lité, tout en comblant un manque d’espaces sportifs pensés pour les femmes.

Baskets aux pieds et écouteurs vissés dans les oreilles, courir peut sembler être un geste anodin. Pourtant, pour de nom­breuses femmes, cette pratique sportive s’accompagne encore de freins bien réels : sentiment d’insécurité, peur du regard des autres, manque de moti­va­tion à sortir seule. Dans les salles de sport déjà, l’omniprésence masculine et certains com­por­te­ments déplacés par­ti­cipent à créer un climat peu accueillant. Selon une étude menée par l’enseigne L’Orange Bleue auprès de 2000 Françaises, près de six femmes sur dix déclarent avoir déjà vécu une situation inap­pro­priée dans ces espaces. Un malaise qui pousse certaines à se réap­pro­prier autrement leur pratique sportive.

De TikTok à un club féminin, il n’y a qu’un pas

C’est face à cette pro­blé­ma­tique que Loïse, Lilloise de 23 ans pas­sion­née de course, a décidé de passer à l’action. Peu rassurée à l’idée de courir seule, elle a créé en quelques semaines un club de running exclu­si­ve­ment féminin, « She Runs Lille », ouvert à tous les niveaux. Une ini­tia­tive pourtant encore rare dans la MEL.«J’avais envie de continuer à courir, j’ai alors pensé à rejoindre un club, mais je me suis vite rendue compte que les clubs existants à Lille étaient majo­ri­tai­re­ment fré­quen­tés par des hommes, souvent dans la trentaine, et je ne me sentais pas vraiment à l’aise », confie la jeune femme.

À l’origine, il ne s’agissait pas de créer un club officiel, mais sim­ple­ment de trouver quelques copines avec qui courir. Une vidéo postée sur TikTok a rapi­de­ment changé la donne. « En deux jours, j’avais des centaines de messages. Je ne savais pas comment gérer tout ça », raconte Loïse. Face à l’enthousiasme, elle a improvisé un groupe WhatsApp et, en moins d’une semaine, le groupe comptait déjà 100 à 150 membres. Depuis, le collectif a évolué pour devenir un véritable groupe de running féminin, avec un programme mensuel et des évé­ne­ments réguliers.

L’humain au centre de la course

Mais la moti­va­tion première reste surtout le lien social. « Il y a beaucoup de filles qui arrivent à Lille pour leurs études et qui ne connaissent personne », souligne-​t-​elle. Le running devient alors un prétexte pour faire des ren­contres et s’intégrer dans une nouvelle ville. À cela s’ajoute un levier essentiel : la moti­va­tion col­lec­tive. Courir en groupe permet de dépasser la dif­fi­culté et trans­forme l’effort en moment partagé. Si la fon­da­trice pensait sim­ple­ment créer un petit groupe informel, elle a fina­le­ment mis en lumière un manque : celui d’espaces sportifs pensés par et pour les femmes.

Dans une ville étudiante et dynamique comme Lille, ces ini­tia­tives pour­raient aujourd’­hui bien se mul­ti­plier. Plus qu’une tendance, elles tra­duisent une évolution des pratiques sportives : courir, oui, mais ensemble, et surtout, en confiance.

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