À Lille, les violences mili­tantes inquiètent à l’ap­proche des municipales

À quelques jours des muni­ci­pales du 15 mars, Lille voit se mul­ti­plier dégra­da­tions, actes de van­da­lisme et tags à la croix celtique. Plusieurs épisodes qui témoignent d’un climat politique par­ti­cu­liè­re­ment tendu dans la ville et sa métropole. 

Depuis le début de l’année, plusieurs lieux iden­ti­fiés pour leur enga­ge­ment militant ont été pris pour cible. Dans la nuit du 6 au 7 février, les façades des bars Le Lyautey, Le Bel Ouvrage et Le Bouquet sont recou­vertes de croix celtiques. Le centre LGBT+ et féministe J’en suis, j’y reste, implanté depuis 1998 dans le quartier de Moulins, a également été dégradé. Certains de ces faits sur­viennent à la veille d’un ras­sem­ble­ment du mouvement national, Citoyens Patriotes, organisé le 7 février dans le centre-ville.

Le Bouquet accueille régu­liè­re­ment les assem­blées générales de l’Offensive, une orga­ni­sa­tion anti­fas­ciste. ©@Thomas_portes/Instagram

Des bars « de gauche » dans le viseur

Ancien symbole chrétien écossais, la croix celtique est aujourd’hui fré­quem­ment détournée par des mouvances d’extrême droite. Les éta­blis­se­ments visés accueillent régu­liè­re­ment des évé­ne­ments liés à la gauche locale. Le 18 février, le centre « J’en suis, j’y reste » est de nouveau attaqué : tirs de mortier, coups à la porte d’entrée et jet d’un bloc de béton dans la vitrine.

Théo, bénévole du centre, décrit « Un cap franchi. Gauche et droite, on est tout le temps en désaccord mais s’en prendre phy­si­que­ment à un lieu, c’est chercher à faire peur », estime-​t-​il. Selon lui, plusieurs voisins ont affirmé avoir vu des hommes habillés en noir et cagoulés.

« Les gens sont venus nous voir encore sous le choc. Ils nous ont dit qu’ils avaient entendu l’explosion, qu’ils avaient vu des sil­houettes courir. Pour l’instant, ce ne sont “que” des vitrines brisées. Mais un jour, si quelqu’un se trouve derrière la porte au mauvais moment, ça peut aller beaucoup plus loin », confie-​t-​il, inquiet.

Député de La France insoumise, Thomas Portes, dénonce « des actes graves », appelant à ce que « l’extrême droite soit mise hors d’état de nuire ». Des propos qui ne font qu’accentuer les tensions entre les deux camps. 

Des inti­mi­da­tions qui touchent aussi la droite 

Si ces dégra­da­tions ont visé des lieux associés à la gauche ou à l’extrême gauche, les tensions ne se limitent pas à un seul parti. La violence s’exprime également contre des per­son­na­li­tés de droite ou d’extrême droite.

Ethan dit avoir reçu des messages menaçant s’il était vu en ville. ©@e.leys/Instagram

Lors des légis­la­tives de 2024 dans la 8e cir­cons­crip­tion du Nord, Ethan Leys, alors candidat du Rassemblement national, affirme avoir été la cible d’une campagne d’harcèlement et de menaces. Il se souvient d’« un véritable lynchage » et assure que sa seule can­di­da­ture lui a valu ces attaques. Depuis ces menaces, l’ancien candidat indique s’être en partie « éloigné de la vie politique ».

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