Une étude de l’Université d’Oxford a démontré que les personnes végétariennes et véganes avaient mois de chance de développer un cancer. L’occasion de voir où en est l’offre végétale dans la capitale des Flandres.
Rue de Béthune, peu avant l’ouverture, Claire Pichon essuie les dernières tables de son restaurant avant l’arrivée des clients. Inauguré en décembre 2025, O’Fran Belge propose des plats typiques du Nord et revisite la fricadelle, cette fameuse saucisse du Nord dont la recette est secrète. L’enseigne propose une grande variété de fricadelles : classique, épicée, fromagère…

Une offre végétarienne
Mais pour inclure tous les clients, une option végétarienne a aussi été mise à la carte. « J’ai des copines qui ne consomment pas de viande, et il était hors de question qu’elles soient mises à l’écart. »
La Franco-Belge a alors puisé dans le terroir local. « On a mis à la carte des croquettes de maroilles, le fromage vient de Wambrechies. C’était important pour moi de mettre à l’honneur les spécialités sans viande de la région. »
La croquette au maroilles est l’une des rares spécialités nordistes à ne pas contenir de viande. Les autres potjevleesch, welsh, poulet au maroilles ont tous la viande comme base et sont rarement revisités.

Ne pas revisiter à tout prix
« Ici, on est très cuisine française, on est fiers de notre terroir ! » La cheffe belge Isabelle Vershelden a ouvert, il y a huit ans, un restaurant où, à la carte, les plats végétariens côtoient les mets lillois traditionnels.
« Ça ne sert à rien de vouloir à tout prix rendre la cuisine française végétarienne : une carbonnade flamande au tofu perd tout son intérêt. » Un propos qu’elle nuance toutefois : « Mais c’est vrai qu’en ce moment, je propose à la carte un vol-au-vent végétarien, où la viande est remplacée par des champignons, et là, c’est vraiment bon ! Tout dépend des plats », conclut-elle.
Dans les boutiques, le végétal n’a pas la cote
« Des alternatives végétales ? Non on ne fait pas ça ici…» admet Caroline, en déballant ses stocks. La vendeuse dans un magasin spécialisé au coeur du Vieux Lille l’assure : « Les produits du Nord sont tous fait à partir de viande, ce n’est pas là où les végétariens viennent trouver leurs bonheur… ».
Même constat chez Trogneux, où les incontournables macarons sont certes végétariens, mais pas véganes, car ils sont faits à base d’oeufs et de miel. « Quand nos clients nous demandent des alternatives végétales, on les dirige plutôt vers nos chocolats noirs », reconnait la responsable de la boutique.
La pâtisserie végane, c’est tout un art !
Habitué aux codes de la pâtisserie classique, le chef Pierre Thorez a dû repartir de zéro : nouvelles matières premières, techniques revisitées, cuissons adaptées. « C’était une vraie remise en question. Le métier de pâtissier classique, on le connaît, mais là, il a fallu tout réapprendre », explique le gérant du Pavé des Flandres. « La communauté végétarienne reste une niche, mais les gens sont contents de voir que l’on diversifie nos produits.»

Des viennoiseries aux pâtisseries, jusqu’aux chocolats de Pâques, proposer une offre végane s’impose comme un exercice exigeant, bien loin d’un simple effet de mode.Dans son laboratoire, il revisite actuellement un nouveau produit et tente de transformer la fameuse gaufre fourrée en une pâtisserie végane, sans œufs, ni crème, ni beurre.« Avant de faire la grimace, venez goûter et vous verrez ! » rit-il.
Le top 3 des produits régionnaux végétariens et végans
• 1. La croquette au Maroilles : O’Fran Belge, rue de Béthune, 10, 90 euros
• 2. La gaufre fourée du pavé des flandres : Au Pavé des Flandres, rue Gambetta, la version végane sera bientôt disponible…
• 3. Le Vol au vent aux champignons : Rode Koe, 29 rue des Trois Mollettes, 19,50 euros