La bibliothèque nationale de France attire bien plus que des lecteurs français. Étudiants, chercheurs et touristes étrangers viennent y chercher des documents, un cadre, mais aussi une certaine idée de Paris comme capitale du savoir.
Venir pour le lieu, rester pour le savoir
Dans l’illustre salle ovale du site Riche lieu de la Bibliothèque nationale de France, le silence n’est jamais tout à fait le même. Il n’est pas rare d’y entendre des chuchotements en anglais, en espagnol, parfois en italien. Pour beaucoup d’étudiants internationaux, la BNF est un outil d‘apprentissage. Le site François-Mitterrand offre d’ailleurs une salle dédiée à l’apprentissage du français. « Je suis venue pour l’édifice, puis j’ai découvert le labo FLE (Français langue étrangère) », explique Hannah, étudiante hongroise, qui dit avoir appris le français grâce aux ateliers et aux ressources proposées sur place. Le laboratoire propose plus de mille ressources, classées par niveau, du débutant à l’avancé. Méthodes d’apprentissage, ouvrages spécialisés, supports audio, préparation aux diplômes… Chaque semaine, des séances de conversation et d’écriture sont organisées dans une atmosphère volontairement informelle. Pas de cours magistral, mais des échanges, des discussions, des textes lus à voix haute. « On pratique le français sans pression. On parle, on écrit, on écoute les autres. C’est très différent d’un cadre scolaire. » Un peu plus loin, Maria, étudiante vénézuélienne, feuillette des ouvrages d’histoire : « J’ai beaucoup appris sur l’histoire de France grâce aux archives, aux ouvrages et aux événements organisés ici. » Pour elle, la BNF n’est pas seule ment une bibliothèque, mais un lieu où elle peut comprendre l’histoire de Paris où elle habite désormais. « Quand on arrive dans une nouvelle ville, on ne com prend pas tout tout de suite. Ici, j’ai l’impression de pouvoir remonter le fil de l’histoire, de mieux saisir la culture parisienne et française, et finalement de trouver ma place. » Hannah, retient surtout l’atmosphère de la célèbre bibliothèque parisienne : « On peut travailler sérieusement, mais on sent aussi qu’on est dans un lieu vivant, ouvert, presque symbolique. » Un ressenti que partage Mélanie Leroy-Terquem, bibliothécaire : « Beaucoup d’étudiants étrangers recherchent avant tout un environnement, un cadre agréable. Ils ne viennent pas toujours pour les collections, mais pour ce que le lieu leur apporte. »

La diplomatie culturelle en action
La BNF mène aussi une politique internationale active voulue par Philippe Lonné, directeur général de la BNF. Expositions temporaires, coopérations scientifiques, partenariats avec d’autres institutions. L’établissement inscrit régulièrement son action dans l’actualité européenne et mondiale. En ce moment, une mise à l’honneur de Chypre à travers une exposition accompagne la présidence chypriote du Conseil de l’Union européenne. Mais l’engagement de la bibliothèque ne s’arrête pas là. Depuis le début de la guerre en Ukraine, elle participe à la sauvegarde du patrimoine ukrainien et à la coopération avec les institutions culturelles du pays. « La BNF est très attachée à la diplomatie culturelle et notre directeur est très proche du ministre de la Culture et il accompagne de temps en temps notre président de la République en voyage à l’étranger », nous explique Mélanie Leroy-Terquem. La BNF c’est 1,7 millions de visiteurs à l’année, un véritable symbole de l’influence culturel parisienne.