La Maison Méert à Lille : plongée au cœur d’une ins­ti­tu­tion sucrée

Si vous flânez dans les rues du Vieux-​Lille, il y a une adresse que vous ne pouvez tout sim­ple­ment pas ignorer. Au 27 de la rue Esquermoise, une façade majes­tueuse attire l’œil et des effluves de vanille envoûtent les passants. Vous êtes devant Méert, bien plus qu’une simple pâtis­se­rie : une véritable ins­ti­tu­tion, un monument du patri­moine gas­tro­no­mique lillois. Mais comment une simple boutique est-​elle devenue un passage obligé pour tout Lillois et touriste de passage ?

Si la Maison Méert excelle dans la haute pâtis­se­rie et la cho­co­la­te­rie, sa renommée mondiale repose sur un produit phare : la gaufre fourrée à la vanille de Madagascar vendue 3.30 euros l’unité.

Attention, oubliez la gaufre de Bruxelles épaisse et crous­tillante. La gaufre Méert est un délicat palet ovale, plat, cuit dans des fers à l’effigie de la maison, puis ouvert en deux et géné­reu­se­ment garni d’un appareil au beurre, au sucre et à la vanille. La recette, créée au milieu du XIXe siècle, est jalou­se­ment gardée. Ce mariage parfait entre le moelleux de la pâte et le croquant des grains de sucre de la garniture en fait une expé­rience gustative unique.

Un héritage his­to­rique et architectural

L’histoire de Méert ne date pas d’hier. Les origines de la confi­se­rie remontent à 1761. Mais c’est en 1839, sous l’im­pul­sion de Rollez (qui confiera plus tard les rênes à Monsieur Méert), que la boutique prend son allure actuelle. L’architecte lillois César Benvignat conçoit alors une boutique au style flam­boyant, avec ses boiseries sculptées, ses dorures et son plafond ouvragé.

Pousser la porte de Méert, c’est remonter le temps. C’est cette longévité, associée à ce décor fastueux qui abrite également un élégant salon de thé, qui confère au lieu son statut « d’ins­ti­tu­tion ». Elle a su figer le temps tout en restant vibrante. Elle repré­sente le raf­fi­ne­ment à la française mâtiné de la géné­ro­sité des Flandres. Que l’on y aille pour chercher son paquet de gaufres dans son étui élégant ou pour s’offrir un moment hors du temps dans le salon de thé, Méert est, et restera, le cœur sucré de la capitale des Flandres.

Méert a d’ailleurs régalé de nom­breuses per­son­na­li­tés his­to­riques. La plus célèbre d’entre elles n’est autre que le Général de Gaulle, natif de Lille, qui se faisait livrer ses gaufres fétiches jusqu’au palais de l’Élysée ! Marguerite Yourcenar ou encore Amélie Nothomb comptent aussi parmi les incon­di­tion­nels de la maison.

Ce qu’en disent les gourmands

Pour com­prendre l’impact de Méert, rien de tel que d’écouter ceux qui en fran­chissent les portes. Voici quelques témoi­gnages qui illus­trent l’at­ta­che­ment à cette adresse :

« Un rituel familial intou­chable » Sylvie, 58 ans, Lilloise « Méert, c’est le goût de mon enfance. Le dimanche après-​midi, mes grands-​parents nous rame­naient toujours une boîte de gaufres. Aujourd’hui, je fais la même chose avec mes petits-​enfants. Le prix a augmenté, c’est vrai, c’est devenu un produit de luxe, mais c’est notre petite madeleine de Proust à nous, les Lillois. »

« Une claque visuelle et gustative » Julien, 31 ans, de passage pour le week-​end « On m’avait dit “Tu ne peux pas aller à Lille sans passer chez Méert”. J’y suis allé un peu par obli­ga­tion, mais en voyant la devanture et le salon de thé, j’ai compris. J’ai pris un thé avec la fameuse gaufre à la vanille et une pâtis­se­rie au citron. L’endroit est magni­fique, le service est soigné, on se croirait à une autre époque. C’est une vraie expérience. »

« Bien plus que des gaufres ! » Camille, 26 ans, pas­sion­née de pâtis­se­rie « Tout le monde parle des gaufres (qui sont à tomber, on ne va pas se mentir), mais il ne faut pas sous-​estimer le reste ! Leurs entremets sont d’une finesse incroyable, et leurs chocolats sont excel­lents. S’asseoir dans le salon de thé à l’arrière, sous la verrière, avec un “Merveilleux” de chez eux, c’est le paradis sur terre. »

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