Le théâtre d’im­pro­vi­sa­tion, « un saut à l’é­las­tique sur scène »

Parmi les variantes du théâtre, l’im­pro­vi­sa­tion séduit de plus en plus. Sans pro­blé­ma­tique de mémo­ri­sa­tion, et avec un peu d’i­ma­gi­na­tion, l’im­pro­vi­sa­tion est acces­sible à tous. Une pratique théâtrale qu’en­cou­rage Françoise Demory, comé­dienne pro­fes­sion­nelle et dra­ma­thé­ra­peute à Hellemmes-Lille.

Depuis plusieurs années, Françoise Demory anime dif­fé­rents ateliers sur le théâtre, avec son asso­cia­tion Imaginaire Compagnie. Spécialisée en dra­ma­thé­ra­pie, elle mêle un che­mi­ne­ment psy­cho­lo­gique aux arts de la scène. Avec des ateliers de marion­nettes, d’arts plas­tiques ou encore de clowns, chacun y trouve son compte. Si ses ateliers prin­ci­paux restent des repré­sen­ta­tions de saynètes, préparées et répétées, quand la mémo­ri­sa­tion des textes pose problème, elle propose le théâtre d’im­pro­vi­sa­tion. « On apprend beaucoup avec l’im­pro­vi­sa­tion, car dans la vie, on est toujours confronté à l’imprévu », explique-​t-​elle. Ainsi, une fois sur les planches, un thème est donné et ensuite, les acteurs impro­visent sur scène, créent une histoire, en inter­agis­sant les uns avec les autres. « L’important c’est de ne pas être désta­bi­lisé., c’est un vrai saut à l’é­las­tique sur scène ! Pour réussir, il faut alors être au service de l’autre, être à son écoute pour accueillir son idée. » Pour Françoise, ce type de théâtre permet de déve­lop­per la tolérance, l’acception de l’autre. « Les acteurs imaginent et construisent ensemble, sur scène, une histoire qui doit tenir la route. C’est une toute autre relation avec le par­te­naire, que le théâtre tra­di­tion­nel. »

Une belle alter­na­tive au théâtre tra­di­tion­nel 

« Beaucoup de jeunes adultes se tournent vers l’improvisation, car ça leur change de tous les textes de théâtre classique qu’ils ont étudiés à l’école » souligne la comé­dienne pro­fes­sion­nelle. « Il n’y a pas de pré-​requis ici, il suffit juste de parler ! » En créant leur propre histoire, les comédiens quittent le par-​coeur et l’aspect aca­dé­mique et élitiste du théâtre. Séduite par la scène, Valentine, étudiante à Lille, a suivi pendant plusieurs mois des cours de théâtre d’improvisation. «  Au début, c’était un grand challenge mais j’ai réussi à sortir de ma zone de confort, et je me suis beaucoup amusée. » Une expé­rience que la jeune femme ne regrette pas, et conseille même. « Ça m’a apporté beaucoup de facilités à l’oral, je m’exprime beaucoup mieux. Socialement, j’ai beaucoup moins de mal à aller vers les autres, et ça a aussi développé ma créa­ti­vité. » Mais Valentine remarque aussi davantage d’aisance physique depuis cette expé­rience. « J’ai une bien meilleure posture, je me sens plus à l’aise avec mon corps. Avec cette assurance, on brise plus faci­le­ment les barrières, et notamment celle du toucher. »

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