Ce samedi 28 mars, à l’occasion du carnaval de Wazemmes, les habitants du quartier ont défilé en famille autour des Halles. Les festivités ont fait rayonner les rues de Lille durant tout l’après-midi et se sont clôturées par l’élection du meilleur déguisement. Cependant, malgré son véritable ancrage dans la vie de quartier, l’histoire du carnaval de Wazemmes reste encore à creuser.
Ce samedi 28 mars, le quartier de Wazemmes à Lille s’est paré de mille couleurs pour son traditionnel carnaval. Au programme des festivités : ateliers créatifs de confection de chapeaux et maquillage sous les Halles, cortège musical et dansant animé par les associations et les écoles du quartier. Et, pour finir, grand concours de déguisement remporté par Ayna et Jana, revêtues de leurs costumes « l’autruche et son maître ». Les Wazemmois ont ainsi défilé en famille au rythme des percussions en tous genres et sous les premiers rayons du printemps. Pour Sarah, qui s’y rend avec ses deux enfants depuis deux années consécutives : « Il y a ce côté familial et festif qui est très sympa ». Jacqueline, accompagnée de sa petite-fille de 8 ans, participe à l’événement « pour les animations, les spectacles, les couleurs et aussi pour retrouver les connaissances du quartier ».
Un air du Brésil
« Pour moi, c’est un peu comme danser dans son salon », révèle Toninho Almeida, en esquissant un sourire, malgré les premières gouttes de pluie. Un ukulélé dans les mains et un micro accroché derrière l’oreille, le musicien d’origine brésilienne fait partie des figures emblématiques du carnaval. Comptant parmi les membres du collectif Brasil Afro Funk, surnommé la Banda Baf, Toninho Almeida contribue à l’événement pour la dix-huitième fois. « Notre culture fait que, quand il y a un carnaval dans notre ville, dans notre quartier, on est obligés d’y participer », esquisse-t-il.
Un carnaval historique
Les origines du carnaval de Wazemmes remontent aux années 1960. Pour Jérôme Trullard, chargé des animations à la mairie de Lille, il est probable que l’événement que l’on connaît aujourd’hui découle de processions religieuses, liées au Carême ou au Mardi gras. Le carnaval s’est éteint au fil du temps, puis est réapparu sur le devant de la scène lilloise il y a une vingtaine d’années. Jusqu’en 2020, l’événement financé par l’État, était reconnu comme « vecteur de lien social » et contribuait au rayonnement culturel de la métropole. Suite au désengagement de l’État, le projet a été repris par la mairie de quartier et a profité d’une nouvelle dynamique. Cependant, le bagage culturel et historique du carnaval reste flou pour Jérôme Trullard, qui admet que le sujet « mériterait des recherches historiques approfondies ». Un carnaval, qui, tout en continuant à colorer les rues du quartier chaque année, recherche encore sa véritable histoire.