La semaine dernière s’est déroulée la « Fête du slip ». Organisée pour la 8ème fois par l’association Le Car Podium, c’était l’occasion de mettre en lumière un problème sociétal trop peu médiatisé : le manque de sous-vêtements chez certaines personnes. Ce dimanche 29 mars étaient notamment invitées les Ch’titmøulkich, une chorale locale composée de 12 chanteuses.
« Je pense que cela renvoie à un vêtement qui est attaché à l’ordre de l’intime ». Sur France Info en 2022, Sara Lobel, membre de la CMAO Samu-social, justifiait ainsi le manque de dons en sous-vêtements. Bien moins nombreux que les pantalons, T‑shirts ou pulls, c’est en ce sens que la « Fête du slip » a vu le jour il y a près de 10 ans grâce à l’association lilloise Le Car Podium. Quelques jours pour collecter le maximum de caleçons, culottes, slips et soutien-gorge. Entre 500 et 600 étaient attendus cette année.
Les Ch’titmøulkich pour conclure la fête
Tout droit arrivées du Moulkichtan, la chorale « les Ch’titmøulkich » a conclu cette 8ème édition avec un concert au bar « La Bulle Café ». Ce dimanche 29 mars, les 12 chanteuses ont interprété leurs chansons mais aussi des classiques de la musique, comme « Under Pressure » de David Bowie et Queen, « Survivor » des Destiny’s Child ou encore « Macarena » de Los del Río. Pendant près de 50 minutes, les quelques cinquante spectateurs présents ont pu apprécier leur performance avec des applaudissements nourris, des « bravo » clamés et des sifflements chaleureux. Une ambiance agréable et à l’esprit très familial régnait grâce à la présence de personnes de tous les âges.
L’occasion de rendre hommage aux femmes passées sous silence
Au milieu de leur performance, les Ch’titmøulkich ont eu une pensée pour toutes les femmes dans le monde privées de certaines libertés fondamentales, dont le chant : « Nous dédions toutes nos chansons à toutes les femmes dans le monde qui n’ont pas le droit de chanter ». Depuis août 2024, les femmes afghanes n’ont par exemple pas le droit de chanter, de réciter de la poésie et lire à voix haute en public. France Inter nous rappelle, en septembre 2024, que, depuis l’Antiquité, la voix des femmes a été présentée comme dangereuse. Les voix aiguës sont décrites comme désagréables, trop émotionnelles tandis que les voix graves sont rassurantes et éloquentes. Cela oblige certaines femmes à travailler sur leurs voix pour être prises au sérieux. Si le nom de la « Fête du slip » a été choisi de manière décalée, cet évènement permet d’insister sur des causes peu évoquées. Des causes à défendre, pour une société plus juste et égalitaire.