« Certaines grandissent, leurs corps s’étirent, on dirait qu’elles veulent en sortir », ainsi s’exprime Lucie Pastureau sur sa perception du corps humain. Au Théâtre du Nord à Lille, les Lillois peuvent assister à une exposition en accès libre où le corps est mis à l’honneur. Inspirée par sa propre grossesse, Lucie démontre, par la photographie, comment le corps est amené à changer au cours du temps.
À la suite de son travail sur l’adolescence, Lucie Pastureau a débuté, il y a un an, le projet « Les corps élastiques ». Avec le soutien de l’Institut pour la photographie, elle développe une narration photographique sur l’acceptation de soi, allant au-delà des normes. Ici, pas de tabou : l’intimité s’exprime, comme le confirme Sarah, étudiante en master marketing, communication, culture. « Je suis à la fois un peu fascinée et interloquée. Ça m’a peut-être un petit peu gêné au début, surtout parce que, dans le cadre de notre intervention, il faut qu’on prenne des photos de l’événement pour les réseaux. Il y a un rapport au corps plus intime, qui s’explique par l’inspiration principale de cette exposition : la grossesse de la photographe. »
Quand la grossesse est source d’attention
Selon l’INSEE, en 2025, le nombre de naissances en France est estimé à 645 000. Pour Sarah, avoir donné naissance à son petit garçon, aujourd’hui âgé de 2 ans, est une expérience comme aucune autre,

comme elle l’explique : « C’était évidemment parfois un peu bizarre, notamment quand on commençait à ressentir les premiers coups. Mais j’ai eu la chance d’avoir une grossesse franchement facile où, jusqu’à peu près 6 ou 7 mois, j’oubliais en fait que j’étais enceinte. » Mais, comme elle l’affirme : « Ma grossesse, dans l’ensemble, s’est bien passée et le regard des autres était surtout bienveillant. Dans le métro, j’ai toujours trouvé quelqu’un qui me proposait sa place. »

Néanmoins, d’autres n’ont pas une grossesse aussi tranquille. Bien que difficile, la grossesse de Malinowska reste avant tout une forme de fierté. « C’était très compliqué. Pendant cinq mois, j’ai vomi tous les matins. Mais je reste fière de ma grossesse. » Elle remarque cependant qu’après sa grossesse, les regards se font insistants.

« C’est surtout après la grossesse que les gens nous regardent bizarrement. Souvent, ils se demandent si l’on est enceinte ou non. Mais devenir mère est épuisant, donc parfois le regard des autres peut devenir anxiogène. Je pense que cette exposition est un excellent moyen de montrer la diversité des corps tout en évitant les jugements sur l’apparence. » L’exposition Les corps élastiques se tient jusqu’au 4 juillet, entrée gratuite.