Municipales à Lille : vers une « qua­dran­gu­laire » au second tour

Le premier tour des élections muni­ci­pales à Lille a livré son verdict. Si cinq listes avaient ini­tia­le­ment franchi la barre des 10 % des suffrages, ouvrant la voie à une possible « quin­quan­gu­laire » au second tour, l’accord conclu lundi entre Stéphane Baly et Arnaud Deslandes rebat les cartes. Le second tour prendra fina­le­ment la forme d’une « quadrangulaire ». 

Au soir du premier tour, Arnaud Deslandes arrive en tête avec 26,26 % des suffrages exprimés. Le candidat socia­liste, soutenu notamment par le Parti com­mu­niste, devance Lahouaria Addouche, candidate de La France insoumise, qui obtient 23,23 %. 

L’écologiste Stéphane Baly arrive en troisième position avec 17,75 %. Derrière lui, Violette Spillebout, candidate soutenue par Renaissance, le MoDem et Horizons, recueille 11,14 % des voix. Le candidat du Rassemblement national, Matthieu Valet, franchit lui aussi le seuil de qua­li­fi­ca­tion avec 10,92 %. 

Une « qua­dran­gu­laire » après un accord à gauche

Avec ces cinq listes au-​dessus de 10 %, le second tour devait se dérouler sous la forme d’une quin­quan­gu­laire, c’est-à-dire un second tour avec cinq candidats en lice. Toutefois, lundi, Stéphane Baly a annoncé que sa liste éco­lo­giste rejoi­gnait celle d’Arnaud Deslandes. Les négo­cia­tions ont duré plusieurs heures dans l’après-​midi. L’une des condi­tions pour une alliance avec les socia­listes « était la garantie d’un équilibre des forces au sein d’une majorité plurielle ». 

Cette fusion met fin à l’hy­po­thèse d’une quin­quan­gu­laire et ouvre la voie à une qua­dran­gu­laire au second tour, en réduisant le nombre de listes en lice. Elle renforce également la position d’Arnaud Deslandes face à ses concurrents.

Lille n’est pas la seule ville concernée par ce type de confi­gu­ra­tion. À Paris, une dynamique com­pa­rable est observée. Sarah Knafo s’est retirée au profit de Rachida Dati, laissant également place à une qua­dran­gu­laire pour le second tour parisien. Une situation qui reste rare dans les élections muni­ci­pales, mais qui témoigne d’un paysage politique de plus en plus fragmenté dans certaines grandes villes. 

Une suc­ces­sion incer­taine et un vote très dispersé 

Cette élection muni­ci­pale inter­vient dans un contexte par­ti­cu­lier pour la ville. En mars 2025, Martine Aubry a quitté ses fonctions de maire après plus de vingt ans à la tête de Lille. Arnaud Deslandes lui a succédé et dirige la ville depuis un an. 

Le scrutin de 2026 constitue donc son premier véritable test électoral. Arrivé en tête, il ne dispose toutefois que d’une avance limitée sur sa prin­ci­pale pour­sui­vante. Avec plus de 23 % des voix, Lahouaria Addouche réalise un score élevé qui montre que l’issue du second tour reste ouverte. 

Historiquement, Lille est une ville ancrée à gauche. Mais cette année, l’électorat pro­gres­siste s’est réparti entre plusieurs listes impor­tantes. En plus du candidat socia­liste, deux autres listes de gauche se sont pré­sen­tées : celle des éco­lo­gistes menée par Stéphane Baly et celle de Lahouaria Addouche pour La France insoumise. 

Cette division fragilise méca­ni­que­ment la position du candidat socia­liste. Elle rappelle aussi le précédent scrutin municipal : en 2020, l’élection s’était jouée à 227 voix seulement entre Martine Aubry et Stéphane Baly. 

La qua­li­fi­ca­tion de quatre listes pour le second tour souligne également l’ampleur de la dis­per­sion des voix. La présence du candidat du Rassemblement national, Matthieu Valet, au-​dessus des 10 % est aussi un élément notable dans une ville où l’extrême droite reste tra­di­tion­nel­le­ment faible. 

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