Une langue commune, un héritage partagé : sur le papier, tout semble rapprocher le Québec et Paris. Pourtant, malgré cette proximité évidente, certains différences de mode de vies compliquent l’intégration des Québécois à Paris.
« Au départ, je me suis dit que Paris c’était comme le Québec. » Marie-Flore, québécoise revendiquée, étudie à l’université de Sherbrooke (Québec). La jeune femme est actuellement en échange universitaire à la Maison du Canada. Installée depuis plusieurs mois, elle se remémore avec un grand sourire ses premiers souvenirs dans la ville Lumière. « Cela très bien passé. J’ai eu la chance d’avoir une amie parisienne qui m’a accueillie ici. Elle m’a montré tous les classiques parisiens qu’on peut imaginer : les musées, les restaurants, les moyens de transport, qui sont vraiment bien ici. » Pourtant, nouer des relations sérieuses n’est pas une mince affaire. « J’étais dans une boulangerie, il y avait une file, et je me suis un peu avancée devant le gars qui attendait avant moi. Il m’a tout de suite dit : J’étais là en premier. »

Le choc culturel limite l’intégration
Outre les disputes, les crises économiques fragilisent l’installation de nos « cousins » dans la région. Bertrand est le gérant de « l’Envol québécois ». Ce bastion, décoré aux drapeaux blancs et bleus, est le seul établissement qui fait la promotion de la « belle province » dans la capitale. Bière au sirop d’érable, maillots de hockey en tableau ou encore une carte du Québec dans le décor, l’ambiance nord-américaine séduit davantage les Franciliens que les « caribous ». Pour ce passionné de Françoise Hardy, l’explication est simple. « Il y a eu à l’époque une grosse communauté qui travaillait dans l’informatique. Avec la crise de 2008, le travail ici est devenu rare et tout le monde est reparti. » Mais cela ne justifie pas tout. Face aux chocs culturels, certains peinent à s’acclimater. « Le Québec, c’est l’Amérique du Nord. La mentalité est nord-américaine, ça n’a rien à voir. À Paris, c’est très codifié. On ne part pas avant le patron », résume le barman.
À Paris, on aime juger les accents.
Cette vision est partagée par Véronique. Cette Canadienne connait bien la vie parisienne. Installée dans un appartement dans le VIIe arrondissement, elle remarque qu’il est difficile de se lier d’amitié avec les Parisiens. « Pendant mon échange à la Sorbonne, je ne me suis fait aucun ami en cours. Ils n’étaient pas ouverts. Il n’y a rien qui les motive à avoir un ami québécois ». La langue française reste un avantage. Le temps d’adaptation est
court et leur permet de s’assimiler aux exigences locales. Pourtant, l’accent si reconnaissable des habitants d’Amérique du Nord fait parfois l’objet de mépris. « À un moment donné, je parlais français avec quelqu’un et, vu que j’avais mon accent, il s’est mis à me répondre en anglais. J’étais déçu car on a la même langue. »

Finalement, les Québécois finissent par s’acclimater à la culture parisienne mais toujours au prix d’un peu d’eux-mêmes.