À l’origine, un petit projet d’animation, « The Amazing Digital Circus », s’est très vite imposé comme un pilier de l’animation indépendante sur YouTube. Véritable succès autant marketing que médiatique, découvrez les coulisses de cette simulation numérique.
Révélé le 22 septembre 2023 par le studio américain Glitch Productions, « The Amazing Digital Circus » part d’une proposition pour le moins surprenante. Réinterpréter le classique littéraire réalisé par Harlan Ellison : « I have no mouth but I must scream ». Dans cette courte nouvelle dystopique, 5 humains se retrouvent piégés dans un monde numérique par AM, une intelligence artificielle particulièrement enclin à la haine. Ici toutefois pas d’animosité, mais un cirque numérique où absurde et crise existentialiste font partie du spectacle. Pour Amelia en tant qu’étudiante en animation, c’est le rêve pout tout animateur : « Voir un petit projet devenir un aussi grand phénomène, chaque artiste ne rêve que de ca. surtout quand on voit la situation du milieu de l’animation. Entre les licenciements, les projets annulés faute de moyens ou encore l’intelligence Artificiel c’est difficile d’animer de nos jours »
Un succès éclair
À la sortie de son pilote le 14 octobre 2023, l’épisode a fait l’effet d’une bombe. En moins de 3 mois, le pilote comptabilise 300 millions de vues, déboulant rapidement sur les réseaux. Reddit, Instagram ou encore X, les utilisateurs tombent sous le charme de Pomni la bouffonne ainsi que de sa bande. Un succès massif que l’on doit grâce aux talents de l’équipe d’animation qui propose un rendu coloré digne des premiers jeux de la PlayStation.
Car en plus de l’interprétation littéraire, la série s’inspire des premiers jeux en 3D jouant sur les autres bugs et erreurs pour s’amuser avec les proportions des personnages. Un pari audacieux, mais qui fonctionne comme le confirme Amelia : « En animation, il est parfois difficile de distordre les corps sans que ça rende la séquence hideuse. Mais puisque la série se passe dans une simulation, les animateurs ont une liberté créative digne des premiers Looney Tunes où les propositions des corps sont presque secondaires »
Une anomalie dans le système
Mais plus que l’animation qui n’a rien à envier à Disney ou encore DreamWorks La série représente une véritable exception sur le plan économique. Son financement se faisant exclusivement par les produits dérivés, Glitch productions peut produire sa série tout en restant indépendant. Ainsi lors du deal avec Netflix pour amener la série sur le petit écran, Glitch n’a pas eu besoin de léguer ses droits contre des fonds. Permettant une sortie en simultané sur YouTube et sur la plateforme de streaming.
Pour l’avant-dernier épisode, c’était plus d’un million d’utilisateurs qui étaient présents à l’occasion du live sur la chaîne YouTube de Glitch Productions. Une réussite qui a de quoi ravir sa créatrice Cooper Smith Goodwin, qui anime, compose et écrit sous le pseudonyme de Gooseworx depuis maintenant 16 ans sur YouTube. Le bouquet final arrive le 19 juin pour plus d’une heure d’animation !