Repas à 1 € :une victoire sociale qui se heurte à la réalité logistique

À la suite de l’adoption du budget le 2 février, le repas à 1 € sera géné­ra­lisé à l’ensemble des trois millions d’étudiants. Si la mesure est saluée comme une avancée his­to­rique contre la précarité, elle place aussi les Crous et leurs par­te­naires face à un défi opé­ra­tion­nel sans précédent.

Le 2 février, le budget de l’Etat pour l’année 2026 été adopté. Parmi les mesures phares, une révo­lu­tion pour les étudiants : dès le mois de mai, le repas à 1€ ne sera plus reservé aux boursiers mais une réalité pour les 3 millions d’étudiants français. Si la fin du tarif à 3,30 € est saluée comme une avancée his­to­rique contre la précarité, elle place les struc­tures de res­tau­ra­tion comme le Crous et Allresto face à un mur logis­tique. Comment accueillir tous ces étudiants dans des infra­struc­tures déjà au bord de l’asphyxie ?

La réalité du terrain : « Si je finis à 12h, c’est déjà trop tard »

Sur le campus de l’Université catho­lique de Lille, le constat des étudiants est sans appel. Le prix n’est plus le seul obstacle à l’accès aux services de res­tau­ra­tion : c’est le temps. « C’est avan­ta­geux, mais je ne mange jamais au RU parce qu’il y a trop de monde. Il faut arriver en avance, regrette Clara, 20 ans et Hemma 19 ans, étu­diantes en com­mu­ni­ca­tion. En finissant à 12 h, c’est déjà trop tard. » Pour Eudweeche, 18 ans, un chan­ge­ment s’impose : « On attend déjà trop longtemps. S’ils font ça, il faut plus de cantines, sinon ça va devenir carrément impos­sible. » Un sentiment partagé par de nombreux étudiants qui ne tentent leur chance que lorsqu’ils ont « 2 ou 3h d’intercours ».

Allresto : la stratégie du « Hors-les-murs »

Face à ce constat, les ges­tion­naires de res­tau­ra­tion doivent innover. Perrine Coppain, res­pon­sable de la com­mu­ni­ca­tion de All La Catho et des res­tau­rants Allresto, prépare déjà la rentrée de mai. « Cette mesure va forcément impacter nos res­tau­rants uni­ver­si­taires qui sont déjà saturés à la rentrée », explique-​t-​elle. Pour limiter cette attente, Allresto a multiplié les points d’ancrage : « On a ouvert sept points de res­tau­ra­tion cette année. » Au-​delà d’un agran­dis­se­ment, de nouvelles méthodes de livraison sont mise en avant. « On multiplie notre com­mu­ni­ca­tion sur le Click & Collect. » Mais Perrine Coppain le reconnait, ces mesures ne seront pas suf­fi­santes si la pause méri­dienne n’est pas élargie, que le flux n’est pas étalé.

L’enjeu : protéger les plus précaires
Un autre risque de cette géné­ra­li­sa­tion que la com­mu­ni­cante envisage : que l’affluence massive finisse par exclure les étudiants boursiers, premiers béné­fi­ciaires du système : « Il ne faut pas défa­vo­ri­ser les étudiants boursiers qui se retrou­ve­raient à ne pas pouvoir manger faute de temps », souligne Perrine Coppain.

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