Santé mentale : à Lille, le lien social comme remède

Depuis lundi et jusqu’au 19 octobre, plus de 70 évé­ne­ments sont proposés dans la métropole lilloise à l’occasion des Semaines d’information sur la santé mentale. Objectif : retisser des liens, ouvrir la parole, et faire de la santé mentale un enjeu collectif.

Se recon­nec­ter aux autres, et moins à son téléphone au passage, c’est le fil rouge de la 36e édition des Semaines d’information sur la santé mentale (SISM), qui se déroulent partout en France, et notamment à Lille et Lomme. Sur le thème du lien social, ces deux semaines d’animations proposent une pro­gram­ma­tion dense et variée : plus de 70 évé­ne­ments, tous publics, organisés par le Conseil Lillois de Santé Mentale (CLSM) et ses partenaires.

Toutes les activités proposées sont pensées pour créer de la rencontre et de l’échange. Les publics visés sont multiples : jeunes, aidants, familles, personnes isolées… mais aussi les pro­fes­sion­nels, avec des temps d’échange entre secteurs.

Des chiffres alarmants

Le lien social est mis à l’honneur, car il joue un rôle majeur dans la pré­ven­tion de la souf­france psychique. En 2025, 750 000 personnes âgés se trouvent en situation de « mort sociale » en France selon l’association Les petits frères pauvres. Chez les jeunes, pourtant bien plus « connectés » aux autres via leurs écrans, le constat est le même, voir pire.

D’autres chiffres rap­pellent l’urgence : un Français sur cinq est concerné par un trouble psychique, et la consom­ma­tion de médi­ca­ments anxio­ly­tiques ou anti­dé­pres­seurs reste très élevée. La France est le deuxième pays européen le plus pres­crip­teur et le plus consommateur.

« Un travail de fond »

Depuis 2011, le CLSM de Lille coordonne de nom­breuses actions locales sur ces sujets, en lien avec l’Établissement Public de Santé Mentale de l’agglomération (EPSM). Les SISM sont l’un des temps forts annuels, mais le travail de fond se poursuit toute l’année.

À Lille, la santé mentale sort des cabinets et se construit aussi dans les quartiers, les salles de sport, les lieux de culture ou les cercles de parole. Car si elle reste parfois taboue, rendre la santé mentale col­lec­tive la rendra peut-​être plus solide.

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