Dans les couloirs de la gare ou sous un abribus, l’attente pour son transport peut s’avérer longue. Si certains patientent calmement, d’autres mettent ce temps à contribution pour s’avancer sur leurs travaux. Le regard fixé sur le PC, les usagers rallongent leurs temps de travail, brouillant les limites entre vie professionnelle et trajet du quotidien.
Il est 6 heures quand Charlotte prend son train quotidien en direction de Lille. Originaire de Paris, chaque semaine elle doit prendre un train de plusieurs heures pour assister à ses cours de médecine. Plutôt que de terminer sa nuit, elle décide de travailler dans les transports pour finaliser un rendu dans deux jours.
Un espace de travail peu commun
Alors que les arrêts s’enchaînent, Charlotte continue de travailler sur son projet malgré le bruit et les perturbations. Arrivée à destination, elle doit toutefois prendre le bus pour se rendre à sa fac. « Chaque jour, j’ai au moins 4 heures à rester dans les transports, donc au lieu de rester là à ne rien faire, autant être productive. » Une décision qui est loin de la réjouir : « Bien sûr, je préfère avoir de meilleures conditions pour travailler. Quand vous êtes obligée de travailler dans la gare avec tous les arrêts et retours, c’est parfois difficile de se concentrer. »
De leur côté, les Lillois sont plus directs sur la question. David, barbier, lui est clair sur le sujet : « Moi personnellement les transports, c’est un peu le moment où je peux prendre un break dans ma journée, tu te contentes juste d’attendre tranquillement dans ton coin jusqu’à ton arrêt. »
Une séparation du privé et du professionnel
Après une longue journée de travail, Thomas n’a qu’une seule envie : retourner chez lui. Pourtant, en tant que conseiller numérique, il lui arrive souvent de traiter des dossiers dans les transports : « Ça m’arrive souvent d’avoir des dossiers à la dernière minute, alors je les traite pendant mes trajets. » Ainsi, pour lui les transports sont un peu comme un second bureau : « J’ai horreur de travailler à la maison, ça me rappelle le confinement, je préfère avoir une séparation claire entre mon lieu de travail et mon cadre de vie. Ça permet de vraiment mettre une pause sur son travail. »