À l’Université catholique de Lille, un atelier théâtre pas comme les autres réunit étudiants français et internationaux. Porté par la professeure Daniela Mallet, ce projet dépasse la scène pour devenir un véritable espace d’échange, d’ouverture et de découverte culturelle — jusqu’à une représentation finale inspirée du Magicien d’Oz.
À l’origine, une idée : mettre la lumière sur les possibilités d’études à l’international. Pour cela, la Dric (direction des relations internationales et de la culture) ouvre un nouveau service : Horizon international. Un lieu créé pour regrouper les étudiants internationaux, proposer des activités et des échanges avec les francophones, mais aussi montrer aux Français les possibilités de mobilités internationales ; en Europe, grâce à Erasmus +, mais pas seulement. « Ça ouvre une fenêtre pour ceux qui ne sont pas dans un parcours international, explique Daniela Mallet, professeure de théâtre. Ça permet de comprendre comment ils pourraient envisager un voyage d’un ou deux semestres. »
Une manière plus authentique de s’intégrer
Avec ce service, l’idée est aussi de proposer des ateliers qui permettent des rencontres. Café, cours de langue, mais surtout cours de théâtre. « Le théâtre permet de faire une immersion plus authentique car les liens sont différents, explique la professeure, à l’initiative du projet. On a besoin de cohésion, d’écoute, de patience. Ils s’ouvrent les uns aux autres. Les Français sont obligés d’accueillir, et les étudiants d’échange de s’intégrer. »
Une expérience personnelle devenue projet collectif
D’origine brésilienne, Daniela s’appuie sur son propre parcours. À son arrivée en France, pendant ses études, elle s’est imposé une exigence forte : « Il fallait que je sois aussi efficace qu’un francophone. » Pour y parvenir, elle s’est inscrite à tous les ateliers possibles. Une stratégie payante : « Les personnes que j’ai rencontrées au cours de ces ateliers sont encore des amis aujourd’hui. »
Cette expérience a nourri sa pédagogie, elle défend une approche globale : « Quand tu veux connaître un peuple, va voir ce qu’il fait en théâtre, en littérature, en musique. » Son atelier devient ainsi « une tour de Babel » vivante, où se rencontrent Canadiens, Australiens, germanophones, hispanophones et francophones, et ce n’est qu’un début. Ensemble, ils s’observent, se comprennent et s’enrichissent de leurs différentes façons d’être et de faire.
Sortir de sa zone de confort
Pour Tina River, étudiante canadienne en échange ce semestre, l’atelier a été une révélation. « La classe de théâtre avec Daniela a été l’un de mes cours préférés », confie-t-elle, soulignant particulièrement la dévotion de l’enseignante.
Mais au-delà du cadre pédagogique, c’est la dimension humaine qui ressort. Le travail collectif autour d’un projet commun a facilité les connexions que Tina n’aurait jamais faites autrement. Malgré la barrière de la langue — elle ne parle que peu le français — elle s’est sentie accueillie par la bienveillance du groupe qui n’a pas hésité à traduire, aider et réexpliquer dès que cela était nécessaire. « Ce cours m’a donné l’occasion de tester ma zone de confort et de m’ouvrir un peu », ajoute-t-elle, précisant que cela a enrichi sa compréhension de la culture française bien plus qu’un parcours étudiant classique n’aurait pu le faire.