Citrouilles aux fenêtres, toiles d’araignée dans les vitrines, l’arrivée de l’automne signe le retour d’Halloween. Le 31 octobre au soir, sorcières, fantômes et monstres miniatures sonnent aux portes pour réclamer leur butin. Pourtant, cette fête cherche encore sa place en France.
Dans les rayons de la grande distribution, les promotions sur les bonbons ont remplacé celles sur les fournitures scolaires. Déguisements et maquillages horrifiques s’arrachent à quelques jours de la soirée. Pour les commerces, l’enjeu est réel. Selon une enquête OpinionWay pour Bonial de 2024, le panier moyen consacré à Halloween s’élève à 85 euros.
L’apparition d’Halloween en France
Importées des États-Unis, les festivités d’Halloween tentent de s’installer en France depuis les années 1990. Certaines régions n’ont pourtant pas attendu l’Amérique. En Moselle, on sculptait à l’automne les Rommelbotzen, des betteraves aux visages grimaçants, semblables à des citrouilles. Ce n’est qu’en 1997 que la fête devient un produit commercial : France Télécom lance alors son nouveau mobile « Olaween » et déploie près de 8 000 citrouilles place du Trocadéro. Ce coup marketing marque l’entrée d’Halloween dans le paysage français.
Une fête qui plait aussi bien aux petits qu’aux grands
Pour les enfants, la réponse est évidente : « J’aime Halloween, ça fait peur, on peut avoir des bonbons, […] c’est ma fête préférée », confie Laura, 8 ans, en train de préparer des décorations. Depuis quelques jours, elle et sa mère écument les réseaux sociaux à la recherche des plus beaux bricolages à faire soi- même. Une passion récente pour Claire, sa mère : « Cette fête n’était pas vraiment célébrée de mon temps, on en avait connaissance seulement en cours d’anglais comme Thanksgiving. » La famille de Laura n’est pas un cas isolé. Selon l’enquête d’OpinionWay pour Bonial de 2024, 30% des foyers avec enfants comptent fêter Halloween.
L’engouement se prolonge chez les jeunes adultes. En 2025, le même institut relève que 53% des 18 – 24 ans ont déjà fait ou pourraient faire des achats pour l’occasion. C’est le cas de Manon, 22 ans, qui prévoit une soirée séries spéciale Halloween. La jeune française est toutefois sceptique quant à l’avenir de cette fête : « Je ne pense pas qu’elle réussira à s’insérer réellement dans la société française. »
Un peu de légèreté avant la Toussaint
Chez les aînés, la fête a du mal à convaincre. « Comme j’ai été élevé dans la tradition chrétienne, j’ai du mal à aimer cette fête », explique Jean-Paul, 73 ans, retraité. Il reconnaît toutefois que « les déguisements, les bonbons et les préparatifs permettent de contrebalancer le côté morbide » de cette période. Halloween tombe en effet la veille de la Toussaint, jour férié où de nombreuses familles fleurissent les tombes de leurs proches, avant le jour des défunts, le 2 novembre.
Fête commerciale ou nouvelle tradition ? Halloween divise toujours les générations. Une chose est sûre : passé le 1er novembre, dans les rayons comme dans l’esprit des français, Noël prend déjà le relais.